Ce que nous savons à propos du tritium dans la Vallée de l’Outaouais.
Réponses aux trois questions.
1- Combien de tritium a été déversé dans l’environnement entre décembre 2008 et février 2009?
Le 5 décembre 2008, 47 kilogrammes d’eau lourde s’échappaient du cœur du réacteur NRU de Chalk River. De cette quantité, 4,5 kg sont immédiatement devenus de la vapeur qui s’est échappée dans l’air, 14 kg ont été placés dans un baril scellé et 28,5 kg ont été déversés dans un puits collecteur avant d’être acheminés vers le centre de traitement des liquides radioactifs.
Mais la radioactivité est mesurée en becquerels et non pas en kilogrammes. Un becquerel indique qu’une désintégration radioactive se produit à chaque seconde.
Chaque kilogramme d’eau lourde non radioactive qui s’est échappé du réacteur NRU contenait environ un billion de becquerels ( soit un million de millions de becquerels) de tritium radioactif, un contaminant. Le tritium est produit à l’intérieur du réacteur : il s’agit d’hydrogène radioactif. Le tritium forme des molécules d’eau aussi facilement que l’hydrogène, mais les molécules de tritium sont radioactives.
Ainsi, l’eau lourde contaminée, transformée en vapeur radioactive, qui s’est échappée du réacteur le 5 décembre 2008, contenait 4,5 billions de becquerels de tritium sous forme de vapeur de molécules d’eau. Le tritium sous forme de vapeur d’eau est 25 000 fois plus toxique que le tritium élémentaire (c’est-à-dire le tritium lui-même, qui est une forme de gaz d’hydrogène radioactif).
Fait à noter : tout le tritium qui s’est échappé dans les airs le 5 décembre dernier était sous forme de vapeur d’eau, la forme la plus dangereuse de tritium dans l’atmosphère.
Étant donné que le tritium forme des molécules d’eau radioactive qui sont identiques, chimiquement, aux particules d’eau non radioactives, le centre de traitement des liquides radioactifs de Chalk River ne peut pas retirer le tritium des déchets liquides. 28,5 billions de becquerels de tritium ont été déversés dans la rivière des Outaouais sous forme de «déversements contrôlés», c’est-à-dire que les règlements dictant la concentration maximum de tritium dans l’eau potable ont été respectés.
Il semble que, encore aujourd’hui, la « dilution » est considérée comme une « solution » à la « pollution ». Ce raisonnement est scientifiquement faux, car la recherche médicale démontre que le nombre de cancers causés par un agent cancérigène est proportionnel au nombre de personnes qui sont exposées à cet agent. Dans le cas qui nous occupe, il s’agit d’un très grand nombre de personnes.
2- Quels sont les niveaux réels de tritium dans la rivière des Outaouais?
Tableau 14 : Radioactivité dans la rivière des Outaouais – concentration annuelle moyenne de 2002 à 2007.
Tritium (Bq/litre) 2002 2003 2004 2005 2006
Rolphton – 28 km en amont 5 3 3 3 <3
Échantillons composés mensuels
Deep River – 9 km en amont 5 3.2 3 3 <3
Échantillons composés mensuels
Chalk River – prise d’eau 14 5.3 39 11 14
Échantillons composés semestriels
Pointe au baptême – limite sud 218 120 137 209 114
Des terrains de l’EACL
Échantillons composés mensuels
Harrington Bay -9 km en aval 8 9 6 8 9
Échantillons semestriels
Fort-Williams – 14 km en aval 8 12 5 7 8
Échantillons semestriels
Petawawa – 18 km en aval 12 9 6 7 6
Échantillonnage mensuel des
Relevés quotidiens.
Pembroke -28 km en aval 12 8 6 7 6
Échantillonnage mensuel des
Relevés quotidiens.
3- Comment sont affectées les personnes qui boivent l’eau traitée de la rivière des Outaouais?
Le tritium est de l’hydrogène radioactif. Il peut former des molécules d’eau aussi facilement que l’hydrogène peut le faire, sauf que ces molécules d’eau, formées par le tritium, sont radioactives.
Étant donné que l’eau de tritium est chimiquement identique à l’eau ordinaire, on ne peut pas le retirer de notre eau potable par filtration ou autrement.
Toute personne qui consomme l’eau de la Municipalité d’Ottawa ingèrera environ six becquerels de tritium dans chaque litre d’eau. Des calculs démontrent qu’un adulte qui boit cette eau régulièrement subira des centaines de désintégrations radioactives à chaque seconde, ce qui représente près d’un million de désintégrations à l’heure.
Au cours de chacune de ces désintégrations, un électron de très haute vélocité est relâché avec une énergie suffisante pour briser plusieurs liens moléculaires. Des expériences sur des animaux ont permis de découvrir que des niveaux élevés d’exposition au tritium peuvent causer des cancers, des dommages génétiques et des malformations des fœtus.